Après une deuxième année catastrophique, Emmanuel Macron, en chute dans les sondages, doit redresser la barre. Trois chantiers apparaissent prioritaires.
Si six mois ne suffisent pas pour réussir un quinquennat, ils sont en revanche largement suffisants pour le plomber. Emmanuel Macron en a fait l’amère expérience en 2018. Au sortir d’une première année durant laquelle le président de la République s’est employé à multiplier les réformes compliquées sans trop de casse – ordonnances sur le droit du travail, SNCF –, ponctuée par une victoire en Coupe du monde en guise de cerise sur la gâteau, la machine d’État macronienne s’est enrayée. « L’affaire Benalla », que l’Élysée a été incapable de déminer à temps, a ouvert le bal des tuiles et continue encore aujourd’hui de miner l’exécutif.
Dans la foulée, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, puis celui de l’Interieur Gérard Collomb démissionnent, critiquant chacun à leur manière la politique du chef de l’État. « On a quand même perdu nos deux ministres d’État en l’espace de deux mois, et qui portaient chacun un dossier hypersensible : la taxation écologique pour l’un, la sécurité intérieure et donc la lutte contre le terrorisme pour l’autre. Il faut se rendre compte du caractère inédit du truc… » reconnaît un proche d’Édouard Philippe, presque étonné qu’analystes et journalistes ne l’aient pas davantage relevé. Enfin, les Gilets jaunes ont fait exploser une colère latente mais profonde, parfois violente, forçant Emmanuel Macron à prendre des mesures d’urgence pour le pouvoir d’achat et de revoir son mode de gouvernance. Et passons sur les atermoiements au sujet de l’impôt prélevé à la source… Descendu en décembre à 20 % d’opinions favorables selon notre baromètre Ipsos-Le Point , le chef de l’État entamera dans quelques jours l’année 2019 avec l’objectif – la nécessité ? – de redresser la barre. Trois défis majeurs l’attendent.
1. Assurer aux européennes
Les élections européennes devaient constituer le scrutin le plus favorable au nouveau pouvoir en place, favorisé de surcroît par la réinstauration des listes nationales. Avec une ligne proeuropéenne vivement défendue pendant la campagne présidentielle et, en face d’elle, des oppositions classiques qui peinent à se positionner clairement sur cette question, La République en marche a joué à plein le rôle de rempart face aux populismes nationalistes. Seulement, sans tête de liste identifiée et pénalisé par le contexte national, le mouvement présidentiel est régulièrement placé derrière le Rassemblement national dans les récents sondages. « Si on continue comme ça, on va faire 13 % aux européennes », s’inquiétait un ministre majeur du gouvernement devant un député de la majorité il y a quelques semaines, à la veille de la première grande manifestation des Gilets jaunes.
© AFP/ LUDOVIC MARIN
Par Erwan Bruckert



