VIDÉOS. Le chef de l’État, qui refuse en principe de s’exprimer sur des sujets nationaux depuis l’étranger, répondra aux questions lors d’une conférence de presse.
Coup de tonnerre politique. Nicolas Hulot jette l’éponge. Après avoir maintes fois menacé de le faire, le ministre de la Transition écologique a décidé de partir du gouvernement d’Édouard Philippe. « Je prends la décision de quitter le gouvernement », a déclaré Nicolas Hulot, lors d’une interview en direct sur France Inter, après avoir confié qu’il se sentait « tout seul à la manœuvre » sur les enjeux environnementaux au sein du gouvernement. « Nous faisons des petits pas, et la France en fait beaucoup plus que d’autres pays, mais est-ce que les petits pas suffisent… la réponse est non », a-t-il considéré. Le gouvernement, qui sera remanié mais pas dans l’immédiat selon l’Élysée, perd un de ses ministres les plus populaires. Cette décision semblait devenue inévitable : pratiquement dès sa nomination, des écologistes avaient critiqué la présence de Nicolas Hulot au gouvernement vu la politique nucléaire.
Parmi les premières réactions de responsables politiques, le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez a dit « comprendre qu’il se sente trahi comme aujourd’hui pas mal de Français par des promesses fortes qui avaient été faites, et le sentiment à l’arrivée que ce n’est pas très tenu ». Pour Jean-Luc Mélenchon, ce départ sonne « comme un vote de censure contre Macron », et « la macronie commence sa décomposition ».
– Christophe Castaner défend le bilan écologique du gouvernement et de la majorité
Ainsi, selon le chef de file de La République en marche, “avec Hulot nous avons obtenu de grandes avancées”.
“Grâce à son travail, notre gouvernement peut être fier d’avoir un bilan écologique à la hauteur des enjeux. La politique se mesure sur le long terme : ses effets ne sont pas toujours immédiats. Mais rien n’arrêtera notre exigence pour l’environnement.”
Sa façon de partir serait même logique. Ainsi, Hulot “part à sa manière, libre. C’est pour cette liberté que le président lui avait demandé de s’engager avec nous”, relaie Le Monde.
– “Pas la plus mauvaise nouvelle de la semaine” pour les chasseurs
Willy Schraen, le président de la Fédération nationale des chasseurs, a réagi au départ de Nicolas Hulot sur Franceinfo. “Il a passé trente ans à taper sur le monde rural. En ce qui me concerne, très honnêtement, ça n’est pas la plus mauvaise nouvelle de la semaine.”
– Depuis le Danemark, Emmanuel Macron prendra la parole à 14 heures
Emmanuel Macron est arrivé à Copenhague pour une visite d’État de trois jours au Danemark et en Finlande. Après avoir appris la nouvelle en direct sur France Inter mardi matin, le président s’est entretenu avec son Premier ministre, Édouard Philippe, mais n’a eu aucun contact avec Nicolas Hulot, a indiqué l’Élysée. Le chef de l’État a fait savoir qu’il accepterait de répondre à des questions sur le départ du ministre lors d’une conférence de presse conjointe avec le chef du gouvernement danois Lars Lokke Rasmussen vers 14 heures, alors qu’en principe il refuse de s’exprimer sur des sujets nationaux depuis l’étranger.
– Greenpeace évoque un “gâchis”
L’humeur est morose chez les défenseurs de l’environnement qui s’interrogent également sur la capacité d’un autre à faire mieux que Nicolas Hulot. Greenpeace a dénoncé un “gâchis”, tandis que le président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg, a dit se sentir “orphelin”. Audrey Pulvar, qui a remplacé Nicolas Hulot à la tête de la Fondation pour la nature et l’homme qu’il a créée, a de son côté estimé que le vivant perdait son “seul défenseur”.
– Un “constat d’échec” qui “envoie un signal inquiétant”
Malgré les désaccords entre Nicolas Hulot et Brigitte Bardot, la fondation de cette dernière a réagit à la suite de la démission du ministre en qualifiant de “terrible gâchis” son départ prématuré du gouvernement. Par la même occasion, l’ONG met en cause la politique de l’État “aux bottes des lobbies pro chasse, pro agrochimie et contre toute forme d’évolution positive de la condition animale en France”. Dans un autre tweet, la fondation de l’ancienne comédienne critique le bilan de Nicolas Hulot : “Il a réussi à faire moins pour les animaux que Ségolène Royal… C’est dire !”
– Édouard Philippe remplacera Hulot “dans les prochains jours”
“J’aurai l’occasion, au cours des jours qui viennent, de faire des propositions au président de la République (…) s’agissant de la composition du gouvernement”, a déclaré le Premier ministre avant d’intervenir devant la conférence des ambassadeurs à Paris, remerciant au passage Nicolas Hulot pour son “travail important” au gouvernement.
– Chenu (RN) : “Hulot refuse de continuer à jouer les plantes vertes”
Interrogé par “Le Point”, Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national dirigé par Marine Le Pen confie : “Nicolas Hulot refuse de continuer à jouer les plantes vertes. Sa démission est logique. Il défend un autre modèle. Il s’est retrouvé à contre emploi. On peut tenir un an avec de la com. Mais si on ne tire pas dans le même sens ça ne peut pas marcher. Ce gouvernement n’a aucune considération pour la question écolo. Il est soumis à des lobbies. Les députés En marche ! refusent de voter des mesures en faveur de la protection animale car ils protègent les intérêts des lobbies. Cette démission est emblématique de la politique de Macron : des annonces sans arrêt sans jamais de résultat. La faiblesse de Hulot c’est qu’il n’a jamais fait de réseau à l’assemblée. C’était un ministre pas politique dans un ministère éminemment politique.”
– La présence des lobbies à l’Élysée a “achevé” de convaincre Hulot
Nicolas Hulot a dénoncé la “présence des lobbies dans les cercles du pouvoir”. Lundi après-midi, lors de la deuxième réunion de haut niveau sur la chasse était présent le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) Willy Schraen, mais aussi Thierry Coste, conseiller politique de la FNC, “à qui j’ai dit frontalement qu’il n’avait rien à faire là”, a déclaré Nicolas Hulot sur France Inter. “Ça va paraître anecdotique mais pour moi c’était symptomatique et c’est probablement un élément qui a achevé de me convaincre que ça ne fonctionne pas comme ça devrait fonctionner”, a-t-il ajouté. “C’est symptomatique de la présence des lobbies dans les cercles du pouvoir. Il faut à un moment ou un autre poser ce problème sur la table parce que c’est un problème de démocratie : qui a le pouvoir, qui gouverne ?” Nicolas Hulot assure cependant que sa décision ne vient pas simplement d’une divergence sur la réforme de la chasse, mais résulte d’une accumulation de déceptions.
– “Il y aura un remaniement mais pas dans l’immédiat”, dit l’Élysée
Après la démission du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, du gouvernement ce mardi matin, “il y aura un remaniement mais pas dans l’immédiat”, a indiqué à l’Agence France-Presse l’Élysée. La même source a confirmé que Nicolas Hulot n’avait pas prévenu le président, ajoutant qu'”il n’y a eu aucun échange entre eux depuis la réunion sur la chasse” qui a eu lieu lundi en fin d’après midi. Lors de cette réunion, le prix du permis de chasse a notamment été divisé par deux.
– Quand Brigitte Bardot critiquait l’inactivité de Nicolas Hulot
Cet été, Brigitte Bardot a réclamé le démission du ministre de la Transition écologique et solidaire qu’elle qualifiait de « trouillard de première classe » qui « ne sert à rien ». L’ex-comédienne exprimait sa colère concernant plusieurs arrêtés liés aux quotas de chasse traditionnelle. Pour elle, Nicolas Hulot agissait « comme s’il n’avait aucun pouvoir ». Le 12 août, elle lâchait même, dans un tweet, que Nicolas Hulot lui avait avoué que « ses dossiers étaient bloqués par l’Élysée et qu’il ne pouvait donc rien faire ».
– Juppé impressionné par “la noblesse de la démarche” de Hulot
Alain Juppé : “J’écoute Nicolas Hulot qui annonce son départ du gouvernement. Je suis impressionné par sa hauteur de vue et la noblesse de sa démarche. J’espère qu’au-delà du buzz politique inévitable, cette décision nous incitera tous à réfléchir et à changer.”
Par Le Point.fr



